La chute d’une étoile montante - in memoriam de Francky Altinéus Francky
- preflexoeseopinioe
- 22 juin 2024
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 4 août 2024
Francky, dans la situation actuelle de notre chère Haïti, on aurait pu passer des heures ensemble à discuter… à réfléchir sur la déchéance de la vie humaine, parler de la politique, discuter sur les méchancetés, les cruautés des élites politique, économique et intellectuelle du pays. Mais, hélas! On dit souvent que les temps de crise sont toujours propices, fertiles pour l'avènement de nouvelles idées, de nouvelles réflexions, de nouvelles théories. Voilà, notre cher Francky, ce qui explique le lancement aujourd’hui de “cette revue”, dont le premier numéro est lancé en hommage à toi, notre cher frère et collègue.
2016-2024, ça fait déjà 8 ans et quelques mois depuis que tu n’es plus parmi nous, non pas selon le principe de la Nature: “tout naît, tout vit, tout périt”, mais par un projet politique dévastateur, exterminateur, concocté et implémenté par des ennemis extérieurs et intérieurs de la nation haïtienne. Lorsqu’en 2016, après avoir soutenu avec brio ton mémoire de maîtrise intitulé “Espaces agraires en Haïti: structure foncière et production du riz dans le département de l’Artibonite, tu as choisi de retourner au bercail sans boucler les processus d’admission en Doctorat, n’avais-tu pas voulu témoigner à quel point notre cher pays te tenait à coeur?...
D’ailleurs, nous nous rappelons parfaitement bien, au cours de la réalisation de tes recherches de Maîtrise, nous avions beaucoup discuté tant sur des aspects pertinents de ta recherche que sur des potentialités d’Haïti, sur notre attachement à la mère-patrie ainsi que sur notre plein désir d’apporter notre pleine contribution dans la re(de)construction d’Haïti. Ton attachement à la mère-patrie, ton désir de promouvoir Haïti, de contribuer au changement du pays t’a coûté la vie. Malgré les insistances pour que tu aies finalisé les processus d’admission au doctorat, par amour pour la patrie, n’as-tu pas choisi de retourner au bercail afin de mettre tes compétences au service du pays? N’étais-tu pas en route pour aller dépenser ton cours à l’UPAG - Université Publique des Gonaïves - quand les illuminés criminels ont décidé de détruire ta vie?
Oui … Tu as été assassiné en allant au travail pour aller apporter le pain d’instruction à des milliers de jeunes universitaires assoiffé.e.s de savoir, hanté.e.s par le désir d’apprendre et de contribuer pleinement au développement du pays. Dans un pays où l'État remplissait sa première fonction première qui est celle de la sécurité publique, aurais-tu été assassiné aussi lâchement? Et même si cela arrivait, n'aurais-tu pas déjà eu justice? Ah…! Trop d’interrogations…notre cher collègue.
Aujourd'hui, notre chère Haïti se transforme en un pandémonium. Toutes les institutions sociétales (la famille, l’école, la police, l'État, les institutions d’enseignement, la presse)… Toutes sont anéanties par les illuminés criminels assoiffés de l’argent, de sang et de pouvoir.
Voilà dans quel contexte nous lançons cette “revue” dans l’objectif de diffuser et partager régulièrement nos réflexions sur les enjeux sociopolitiques, culturels, économiques qui affectent non seulement la société haïtienne, mais aussi de penser Haïti en relation avec d'autres pays du monde. T'honorer par le présent numéro n’est qu’un signe témoignant notre profonde reconnaissance envers l’étoile montante que tu t’est révélé durant ton court passage sur cette terre.
Auteur: Dieumettre Jean








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